William S. Burroughs

Textes / Entretiens
LES VOLEURS Les écrivains travaillent avec les mots et les voix de la même façon que les peintres travaillent avec les couleurs ; et d’où viennent ces mots et ces voix ? De plusieurs sources : conversations entendues et réentendues, films et émissions de radio, journaux, magazines, oui, et les autres écrivains ; il me vient à l’esprit une phrase extraite d’une vieille histoire de western lue dans un magazine à sensation il y a des années, ne sais plus où et quand : « Il la regardait, essayant de lire (...)
James Grauerholz & William Burroughs Pouvez-vous nous faire un bref résumé de votre vie ? Grauerholz : Je viens du Kansas, de Coffeyville. Je suis venu à l’Université du Kansas de Lawrence à la fin des années 60, puis suis allé à New York au début des années 70. J’ai commencé à travailler avec Burroughs en 1974 jusqu’à sa mort en 97. Je suis revenu à Lawrence en 1979, et me voilà donc ici. Vous êtes responsable du déménagement de William Burroughs à Lawrence ? (Rire) Responsable ? Doit-on me (...)
La méthode est simple. Voici une manière de l’appliquer. Prenez une page. Comme celle-ci. Maintenant coupez-la au milieu. Vous avez quatre sections : 1 2 3 4... un deux trois quatre. Maintenant réarrangez les sections en plaçant la section quatre avec la section une et la section deux avec la section trois. Et vous voilà avec une nouvelle page. Parfois la signification est presque la même. Parfois c’est quelque chose de différent—découper (...)
Burroughs à Tanger Par Paul Bowles La première fois que je vis Bill Burroughs c’était en 1953 tandis qu’il marchait sous la pluie dans une ruelle de Tanger. Il se droguait au haschich à l’époque et n’avait pas l’air très en forme. Il est venu me voir l’année suivante pour me parler de certains détails concernant son contrat pour Junkie dans lequel il pensait s’être fait avoir. Je souffrais de paratyphoïde et ne fus pas d’une grande aide. C’est à l’hiver 1955-56 que nous devînmes amis et commençâmes à (...)
Jack Kerouac était écrivain. C’est-à-dire qu’il écrivait. Beaucoup de gens se disent écrivains et ont leurs noms sur des livres, mais ils ne sont pas écrivains et ne savent pas écrire, à la manière d’un toréador qui fait des passes sans taureau. L’écrivain était sur les lieux, sans quoi il ne pourrait rapporter les faits. Et par sa présence, il risque de se faire encorner. Je parle de ce que les Allemands appellent le Zeitgeist, l’esprit d’une époque. Par exemple, d’un monde fantomatique aussi fragile que (...)
Londres, le 17 novembre 1973 William Burroughs (60 ans) : Dessinez-vous tous vos modèles ? David Bowie (27 ans) : Oui, je contrôle tout. Je ne peux pas laisser une autre personne faire quelque chose, parce que je trouve que je fais mieux les choses qui me sont destinées. Je ne veux pas que d’autres personnes s’amusent avec ce qu’elles croient m’imaginer faire. Je n’aime pas lire les choses que les gens écrivent sur moi, parce que ce n’est pas leur profession de faire ça. Les gens me regardent pour (...)
"Laissez-moi vous faire une démonstration," me dit William Burroughs. Il fourra la fléchette dans l’une des extrémités de la sarbacane en plastique, recula de six pas, exhala et envoya la fléchette dans le mille blasonné de caractères Chinois. "Je l’ai commandé par la poste," dit-il d’une satisfaction caustique. Il mit l’arme de côté d’un geste plein de grâce. "Vous seriez surpris (...)
Je me rends compte qu’on me prend généralement pour un misogyne. Donc, définition du dictionnaire Oxford : « Misogyne – qui hait les femmes. » Sans doute est-ce son occupation à plein temps ? Korzybski, le fondateur de la Sémantique Générale, disait toujours qu’il fallait discuter une généralité ; donc de quelles femmes parle-t-on ? Où et quand ? Ma nounou Anglaise des pages du « Tour d’écrou » ? Elle m’a appris quelques comptines utiles – « (...)