William S. Burroughs

William S. Burroughs
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1955-1956

Ginsberg, toujours à San Francisco, fit la rencontre de Peter Orlovsky, un adolescent poète. Ils tombèrent amoureux. Une union qui durera, mutatis mutandis, jusqu’à la fin de leurs vies. Durant les premières années de leur union, on les voyait toujours ensemble, souvent nus en public ou en photos, tels des nouveaux mariés homos et révolutionnaires.


Allen Ginsberg & Peter Orlovsky en 1955

Avec une énergie renouvelée, Ginsberg composa Howl, qu’il lut pour la première fois en Octobre 1955 lors de la conférence désormais légendaire « Six Gallery ». Une part importante de l’impact initial du poème fut l’homosexualité ouverte du poète. Lawrence Ferlinghetti, poète et éditeur à San Francisco, dont la maison City Lights Books constituait déjà le vaisseau-amiral de la nouvelle poésie et de la nouvelle fiction, proposa rapidement à Ginsberg de l’éditer. L’édition « Pocket Poets » de Howl fut publiée à l’été 1956.

Pendant ce temps, Burroughs se rendit à Londres pour y suivre le traitement du Dr. John Yerbury Dent, un physicien innovateur qui proposa comme solution à la toxicomanie une « cure d’apomorphine ». Burroughs fut fortement impressionné par ce traitement qu’il considéra comme le meilleur remède aux drogues, et qu’il développa plus tard comme la libération métaphorique à d’autres formes de dépendance. Burroughs rejoignit Alan Ansen à Venise ; comme par le passé, sa dépendance aux drogues une fois éradiquée, l’alcool reprit le dessus. La situation d’Ansen à Venise était également délicate (il fut accusé d’actes commis en compagnie de garçons mineurs). Les deux hommes quittèrent l’Italie en Septembre.

De retour à Tanger à la fin 1956, Burroughs fit sa percée littéraire. Il ne touchait plus à la came, il était physiquement en forme, il s’en allait souvent faire de la barque et ramer dans le port, et se mit à écrire avec férocité. C’est la période notoire des pages chaotiques tapées à la machine que Paul Bowles décrivit comme tout éparpillées dans la pièce, éraflées par des marques de talons, partout sur le sol ; Burroughs courrait d’un cendrier à l’autre, en tirant sur de multiples cigarettes de kif, en lisant gaiement ses nouvelles routines. Il appela cette œuvre déjantée, incantatoire d’une obscénité compulsive, sa « Horde de Mot », ou bien, « LE VERBE », qu’il lui fallait lâcher aussi vite que possible.

Imprimer cette page | mise à jour : 6 mai 2009