William S. Burroughs

William S. Burroughs
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1958 : l’arrivée à Paris


Gregory Corso et Allen Ginsberg au "Beat Hotel" à Paris

En janvier 1958, Burroughs se rendit à Paris pour y retrouver Ginsberg, et prit une chambre dans l’hôtel où Ginsberg, Orlovsky et Gregory Corso, un jeune poète New Yorkais, s’étaient installés, au No. 9, rue Gît-le-cœur : le « Beat Hotel, » comme il fut appelé plus tard.


Vue du Beat Hotel


Allen Ginsberg et William S. Burroughs à Paris

Le Paris de 1958 représenta le début de l’annus mirabilis de Burroughs. Il y travailla de façon soutenue sur le Festin Nu. Avec Ginsberg et Corso comme compagnons, il rencontra Marcel Duchamp et Louis-Ferdinand Céline, parmi d’autres personnalités notables. Après le départ de Ginsberg le même été, Burroughs continua à passer du temps avec Corso, qui le présenta à Jacques Stern, un brillant et excentrique cousin éloigné des Rothschild, une famille de banquiers, un neurasthénique en fauteuil roulant. Ils redevinrent tous les deux dépendants des drogues et durent aller à Londres en Octobre à la clinique du Dr. Dent pour y suivre une cure d’apomorphine. Au cours de ce voyage, ils se brouillèrent, une cassure qui ne fut réparée que deux décennies plus tard.

Lawrence Ferlinghetti déclina le manuscrit chaotique de Burroughs, mais le poète Robert Creeley, éditeur au Black Mountain Review, en publia un extrait en Mars 1958—un mois avant qu’Irving Rosenthal et les étudiants de l’Université de Chicago, qui éditaient le Chicago Review, ne décidassent d’en publier d’avantage d’extraits. Le groupe de Chicago récolta la tempête lorsqu’un journaliste local, un conservateur, cria haro si fort que le numéro suivant du Review, celui avec les chapitres du Festin Nu, fut saisi par les membres du conseil de l’université. Beaucoup de personnes démissionnèrent du magazine et Irving Rosenthal et ses associés publièrent le texte de manière indépendante un an plus tard dans le premier numéro de Big Table.


William S. Burroughs et Brion Gysin devant le "Beat Hotel"

Brion Gysin s’installa au Beat Hotel en Novembre 1958. Il avait perdu son restaurant de Tanger l’année précédente à la suite d’une embrouille avec d’anciens membres de la Scientologie. Il peignait et exposait à Paris. Ginsberg déclara plus tard qu’il trouvait Gysin « trop paranoïaque » lorsqu’ils se rencontrèrent en 1961. Peu à peu, Burroughs développa lui aussi, dans sa vision du monde, une certaine paranoïa et lui et Gysin devinrent rapidement inséparables. Gysin avait étudié à la Sorbonne, et son œuvre avait tout d’abord été exposée à Paris au sein du mouvement Surréaliste en 1931. Il connaissait son chemin dans Paris, il connaissait « tout le monde, » et avec son talent inégalé de raconteur, Gysin propulsa Burroughs sur un nouveau plateau fait d’indépendance et de compétence. Ils formèrent ensemble un « troisième esprit (Third Mind). »

Imprimer cette page | mise à jour : 3 octobre 2009