Une relation, qui, en contraste, allait durer toute au long de la vie de Burroughs, mais qui, comme beaucoup de ses grandes amitiés, démarra sur un mauvais départ, commença en 1961 au début de l’année lorsque Burroughs reçut une lettre de Timothy Leary, titulaire d’un doctorat de l’université d’Harvard. Leary était un chercheur en psychologie, qui s’intéressait à un domaine relativement nouveau : les drogues hallucinogènes qu’il appela « psychédéliques », c’est-à-dire pouvant élargir l’esprit.
Leary envoya à Burroughs au début de l’année 1961 des champignons de psilocybine à Londres, à l’époque où celui-ci prévoyait de passer l’été à Tanger avec Ian Sommerville. Allen Ginsberg et Gregory Corso arrivèrent à Tanger en juin 1961, au moment où Olympia Press publiait à Paris La Machine Molle.


Alan Ansen n’était pas loin derrière, et tout le monde profita alors de ce pot-pourri de drogues au nom de la découverte spirituelle.
Leary arriva à Tanger à l’apogée de l’été et persuada Burrroughs de le rejoindre à Newton dans le Massachusetts pour un mois. Comme Corso, Ansen et Ginsberg quittaient tous Tanger en Septembre, Burroughs prit un vol jusqu’à Boston pour participer aux expériences de Leary. Mais Leary entra dans une phase messianique et après quelques semaines, lui et Burroughs semblèrent ne plus voir les choses du même œil.
Barney Bosset offrit à Burroughs un appartement de sous-sol à Brooklyn, dans lequel il travailla sur Nova Express. C’est à cette même époque que Le Roi Jones et Diane Di Prima publièrent à New York le neuvième numéro de Floating Bear, qui contenait la routine « Roosevelt après Inauguration »—pour laquelle ils furent arrêtés.