William S. Burroughs

William S. Burroughs
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1962 : La conférence d’Edimbourg

Burroughs ne resta que deux mois à Brooklyn et retourna à Londres en février 1962 pour son 48ème anniversaire. Il rentra chez lui en apprenant une triste nouvelle : Kells Elvins, qui fut de passage à New York juste après le départ de Burroughs, venait de mourir d’une crise cardiaque. De retour à l’Empress Hotel, il vécut avec Ian Sommerville (et Portman), se remit à travailler sur Le Ticket Qui Explosa, en acheva le manuscrit en mars au moment où Grove Press finit par publier Le Festin Nu aux USA.

Avec ses éditeurs français, anglais et américains en pleine bataille juridique contre plusieurs tribunaux pour le droit de publier ses livres (ainsi que les œuvres d’Henry Miller, James Joyce, Frank Harris, Vladimir Nabokov, et J.P. Donleavy), Burroughs saisit l’opportunité et réécrivit quelques-uns de ses livres entre deux éditions. Il rajouta de longues parties à La Machine Molle et au Ticket Qui Explosa, il existe pour les deux premiers livres trois éditions différentes, seul Nova Express reste inchangé.

Comme l’écrivit Barry Miles dans sa biographie de Burroughs de 1993, les textes qu’il rajouta dans la seconde et la troisième édition de La Machine Molle, et dans la seconde édition du Ticket Qui Explosa contiennent des passages qui servent de lien avec sa nouvelle phase d’écriture : une période polémique, parallèle au réveil érotique qu’il connut peu avant ses cinquante ans.

La conférence d’Edimbourg était un évènement annuel organisé en Ecosse, qui attirait chaque année plusieurs personnalités de la littérature Américaine et Européenne. John Calder, qui habitait Edimbourg, s’arrangea pour y inviter Burroughs en août 1962. Avec dans l’assistance des artistes tels que Norman Mailer, Mary McCarthy, et Henry Miller, l’objet de la conférence fut le Festin Nu, le pour et le contre. L’appréciation controversée de McCarthy (une défection de sa classe sociale) donna un nouvel élan à la carrière de Burroughs. Burroughs intitula le texte qu’il lut à la conférence Le Futur du Roman et il finit en déclarant : « Je m’intéresse principalement à la question de la survie, avec des complots Nova, des criminels Nova, et une police Nova. Une nouvelle mythologie est possible dans l’Aire Spatiale, où nous aurons toujours des héros et des méchants et leurs intentions respectives envers cette planète : le futur du roman n’est pas dans le temps, mais dans l’espace. »

Le Ticket Qui Explosa fut publié à Paris en 1962 aux alentours de Noël, mais de mauvaises nouvelles arrivèrent de Palm Beach : le fils de Burroughs, âgé de quinze, avait accidentellement tiré sur l’un des fils des voisins et l’avait touché au cou ; un accident aux nuances assez troublantes. Mais Burroughs n’allait pas retourner maintenant en Floride. Il venait de faire la connaissance d’Antony Balch à Londres, un cinéaste et un distributeur. Burroughs, avec Sommerville, Balch et Gysin à ses côtés se retrouva dans une nouvelle période d’inspiration. Il travailla sur un film intitulé Towers Open Fire, dans lequel Balch filma Burroughs, Gysin et Portman avec les restes d’un négatif noir et blanc 35mn ; Sommerville s’occupa pendant ce temps des expériences que Burroughs avait faites avec un magnétophone.

Imprimer cette page | mise à jour : 30 novembre 2009