William S. Burroughs

William S. Burroughs
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1966-1967 : Retour à Londres & la scientologie

Après une année à New York, Burroughs retourna à Londres en Janvier 1966 et s’installa avec Ian Sommerville. Pendant l’absence de Burroughs, Sommerville s’était mis à sortir avec un jeune homme nommé Alan Watson, originaire de Darlington, sa ville natale anglaise. Sommerville avait également développé ses capacités techniques et travaillait dans un home-studio fourni par Paul McCartney, il y vivait subrepticement avec Watson. Une grande partie des œuvres expérimentales sonores de Burroughs y fut enregistrée par Ian.

Burroughs travailla au cours du printemps sur l’édition américaine de La Machine Molle, et fut heureux lorsque (après un combat légal de quatre années) la Court Suprême du Massachusetts déclara Le Festin Nu non-obscène, et que le livre pu enfin être vendu en librairie. Il déménagea dans un appartement au N. 8, Duke Street du quartier de St. Jame’s, dans l’immeuble où habitait déjà Anthony Balch. Il fallut peu de temps avant que Sommerville et Watson ne lui demandent de se joindre à lui dans son appartement, la maison de disque des Beatles les avait évincés de leur studio d’enregistrement. Le nouveau ménage s’avéra être plus harmonieux que Burroughs ne s’y attendait.

Les ennuis de Billy Jr. recommencèrent en Floride : Billy avait été envoyé à l’école expérimentale Green Valley d’Orange City, en Floride, mais il s’enfuit en Septembre 1966 à New York, où il fut arrêté pour possession de méthamphétamine, et mis en prison. Burroughs chercha à repousser l’échéance aussi longtemps que possible puis alla finalement en Floride au mois de Décembre pour passer Noël avec sa mère veuve et son fils de dix-neuf ans, alors en liberté surveillée. Laura n’était pas en bonne forme ; désorientée par intermittence, elle tomba et se blessa pendant le séjour hivernal de Burroughs. Il accompagna Billy à son audience au tribunal à Palm Beach, lui conseillant d’éviter d’empirer la situation. En Février 1967, Burroughs emmena son fils en cure à Lexington dans le Kentucky—c’était la première fois que Burroughs retournait dans cette clinique depuis sa première admission, quand Billy n’avait même pas encore un an. Le garde à la porte demanda lequel des deux devait être admis.

Burroughs retourna à Londres en mars, se sentant désemparé face aux problèmes de Billy et Laura. Il alla à Marrakech et à Tanger au mois de mai où il rendit visite à des amis, mais la scène de Tanger n’existait plus. Sommerville habitait toujours Duke Street avec Watson et Burroughs n’était pas épris de jalousie ; son combat contre les sentiments inexpliqués de son enfance, la détérioration de sa mère, et la délinquance de son fils le préoccupaient davantage. La probation de Billy fut accordée et il fut envoyé à la Green Valley School, mais tomba très rapidement dans de nouveaux problèmes. Au mois de Septembre, Mort et Miggy installèrent Laura à Chastains, une maison de retraite à St. Louis.

L’envie de Burroughs de poursuivre sa vie comme un artiste fut menacée par la forte pression de ses liens familiaux. Il chercha une manière d’aller de l’avant. Brion Gysin, à Paris en 1959, l’avait fait s’intéresser au livre de L. Ron Hubbard, Dianetics, dont Burroughs fit l’éloge à Ginsberg dans ses lettres de l’époque. En 1967, Burroughs commença à écrire une rubrique intitulée « Le Bulletin de l’Académie Burroughs » pour le magazine Mayfair à Londres, et son éditeur le présenta au médium John McMasters, proche associé de Hubbard, fondateur de l’église de Scientologie. Burroughs devint intéressé par les techniques de la Scientologie sur le souvenirs dirigés, et il signa pour deux mois « d’audition » à Saint Hill, la cour d’Hubbard à East Grinstead, en Angleterre—où il allait devenir « clair », et peut-être même un « Thétan Opérant. »

Imprimer cette page | mise à jour : 31 janvier 2010