William S. Burroughs

William S. Burroughs
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1969-1970 : Emeutes de Stonewall et décès de Kerouac.

Depuis le milieu des années 60, Burroughs travaillait sur un nouveau roman intitulé Les Garçons Sauvages, lequel décrit sa vision d’un futur post-apocalyptique où de jeunes garçons devenus sauvages vivent en tribu dans le désert, loin de toute autorité adulte et de toute présence féminine. Il finit le manuscrit à Londres le 17 Août 1969. Comme pour confirmer qu’il était à la page et au courant de la situation des gays, les Emeutes de Stonewall éclatèrent à Greenwich Village cette même année. Lorsque la police de New York fit une descente au Stonewall Inn, homos et Drag-Queens résistèrent pour la première fois en Amérique, et il y eut des feux nocturnes et des émeutes pendant trois nuits consécutives.


Emeutes de Stonewall à Greenwich Village, NYC, 1969


Emeutes de Stonewall à Greenwich Village, NYC, 1969

En Octobre 1969, Burroughs apprit le décès de Jack Kerouac à l’âge de 47 ans, mort d’une cirrhose et d’une hémorragie œsophagienne. Même s’il savait que son vieil ami buvait énormément, Burroughs fut touché d’une manière inattendue par cette perte.


Jack Kerouac & sa mère, Gabrielle

Retour au travail : ce qui l’intéressa à ce moment-là fut d’ajouter ses propres textes au livre d’interview d’Odier ; ré-intitulé The Job, le nouveau livre fut publié chez Grove en mai 1970.


Edition anglaise (1970)

Pendant ce temps, le projet cinématographique sur Dutch Schultz n’était pas tout à fait mort ; David Budd, l’ami peintre de Burroughs avait trouvé de nouveaux donneurs et invita Burroughs à New York pour une rencontre au sujet du film. Burroughs s’était lassé de son « garçon lambinant, » et l’évinça de l’appartement de Duke Street avant de partir à New York. Pendant son séjour, Burroughs passa du temps avec Budd et le peintre David Prentice, et trouva la ville très vivable. La troisième édition du scénario sur Dutch Schultz fut publiée chez Viking en juin 1970, tandis que Burroughs était à New York, sous le nom des Derniers Mots de Dutch Schultz ; lorsque le contrat du film cala à nouveau, il retourna à Londres.


Edition anglaise (1970)

Deux mois plus tard, Burroughs reçut un télégramme de Mort, son frère : « MERE MORTE. » Il décrivit plus tard sa réaction différée comme « un coup dans l’estomac. » Laura lui avait demandé de promettre, alors qu’il n’était qu’un garçon, de s’occuper d’elle et de venir la voir, peu importe où elle se trouvait ; mais cela faisait trois ans que Burroughs ne lui avait pas rendu visite, pendant qu’elle était à Chastains. Il ne se rendit pas aux funérailles. La honte et le regret de Burroughs causés par cet échec réapparurent tout au long de son œuvre. « Il existe des erreurs, » citant E. A. Robinson assez souvent, « si monstrueuses qu’elles ne peuvent être ni touchées ni caressées par les remords. » Burroughs savait que sa vie était remplie de telles erreurs.

Imprimer cette page | mise à jour : 8 février 2010