William S. Burroughs

William S. Burroughs
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1971 : Les Garçons Sauvages

Il y eut en mai 1971 un regain d’activité autour d’un projet d’adaptation du Festin Nu, forcé par Balch et Gysin. Brion avait écrit un scénario et Balch avait créé de vastes scénarimages en pré-production. Des pourparlers avec Mick Jagger ajoutèrent de l’excitation au projet, mais rien n’aboutit de ses rencontres.

Pendant ce temps, les escapades New Yorkaises de Burroughs dans les années 70 lui ouvrirent les yeux sur un nouveau médium : les films pornographiques gays qu’on ne pouvait plus voir dans les cinémas publics depuis l’érosion de la censure. Il correspondit avec Fred Halsted (LA Plays Itself), le réalisateur porno, et lui suggéra l’idée d’une version cinématographique explicitement érotique des Garçons Sauvages. Mais ceci était commercialement infaisable.

Grove publia Les Garçons Sauvages en Octobre 1971. Le livre se démarque, par son ton et son contenu, de la trilogie du cut-up ; la majorité du livre est écrite dans un style narratif apparemment simple, et comme l’a noté la critique Jennie Skerl dans sa monographie de 1985, William S. Burroughs, le point central de sa thématique est passé d’une « Dystopie » (descriptions satiriques d’un monde corrompu et inhospitalier) à un futur « utopique » exclusivement homosexuel (nouvelle libération du présent, réécriture « magique » de l’histoire). Cela dit, même si les garçons de sa nouvelle œuvre sont tous homos, ils ont pour origine les garçons des « Pulp Fiction » de son enfance et les fantasmes de revanche contre l’oppression des parents et de la société hétérosexuelle de l’époque. Ce n’est pas la sexualité déchaînée des Garçons Sauvages que l’on distingue le plus, mais leur liberté animale.

Guidé par son parrain Allen Ginsberg, William Burroughs Jr, suivit les traces de son père et se mit à l’écriture. Speed, le récit à la première personne de sa vie fatale à New York en 1966, fut publié chez Olympia Press à Paris quatre ans plus tard.

En 1971, Billy travaillait déjà sur Kentucky Ham, une suite autobiographique à Speed qui décrivait les six mois frustrants qu’il passa avec son père à Tanger, ses aventures à l’école de Green Valley et sur le bateau qui servit d’apprentissage scolaire dans l’Océan Pacifique près de l’Alaska.

Vers la fin de l’année 1971, cela faisait un an et demi que Burroughs Sr. habitait seul. Il accepta en Octobre de rejoindre le professorat de l’Université expérimentale du Nouveau Monde à Haute Nendaz en Suisse. Les trois mois de Burroughs en haute altitude se passèrent plutôt mal : il fut malade la majeure partie du temps et redevint intoxiqué aux pilules légales de codéine, appelées Codethyline Houdé, qu’il appelait affectueusement « les petites roses. » Il retourna à Londres en Décembre, avec le sentiment que la situation à Haute Nendaz ne mènerait nulle part.

Imprimer cette page | mise à jour : 8 février 2010