William S. Burroughs

William S. Burroughs
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1974 : New York

Burroughs arriva à New York City à la mi-Janvier et prit résidence dans un loft qu’il sous-loua au 452 Broadway, juste avant son 60ème anniversaire. Tous les matins, il prit le métro pour se rendre à ses cours au CCNY, et rendit visite à de vieux amis : Ginsberg, Giorno, Budd, Prentice. Le 12 Février, Burroughs ouvrit la porte métallique de son loft à l’heure du cocktail et y trouva un grand blond à lunettes âgé de 21 ans, qui, en provenance de l’université de Lawrence dans le Kansas, son état natal, venait juste d’arriver à New York. En l’espace de deux semaines, Burroughs invita le garçon du Kansas à vivre avec lui dans le loft de Brodway—et ainsi commencèrent les 23 années de collaboration de James Grauerholz et Burroughs.


James Grauerholz

William Burroughs n’arriva pas les mains vides à New York en 1974. Il apporta avec lui des malles remplies d’écrits de toutes les périodes de sa carrière, dont plusieurs photocopies de son projet entrepris en 1973 de regrouper toutes ses archives, mais principalement des passages des dernières années—des pages qui n’avaient pas trouvé leur place dans Les Garçons Sauvages, Exterminateur ! ou Havre des Saints (qui fut d’abord publié à la fin de l’année 1973 en Angleterre.) Mais la production littéraire et générale de Burroughs avaient dépéri, et il lui semblait avoir épuisé les possibilités du cut-up et de ses applications dans des albums de découpures, des cassettes audio et le cinéma. Ces expériences apportèrent dans bien des cas un large découragement éditorial et peu de récompenses financières. Mais il resta très affairé et travailla sur ses lectures devant des classes et rendit visite à ses vieux amis new yorkais. Son fils Billy lui rendit visite à son loft de Broadway, ainsi que Brion Gysin, qui arriva de Paris avec l’édition Française d’Oeuvres Croisées.

En Avril, John Giorno organisa pour Burroughs et lui-même une lecture au Poetry Project de l’église St. Marks, qui fut annoncée comme le retour de Burroughs à New York.

En Mai, Burroughs loua un nouveau loft au 77 Franklin Street. Il se rendit à Londres pour fermer son appartement de Duke Street et dire au revoir à John Brady, qui y habitait toujours. Gysin vint le voir et Balch leur parla des vacarmes nocturnes de Johnny dans l’immeuble, et des plaintes des voisins. Burroughs saisit l’opportunité, il vendit l’appartement à l’un de ses voisins et expédia une dernière malle de livres et de papiers à New York avant de partir. Johnny Brady disparut.


Allen Ginsberg, Gregory Corso et William Burroughs, à la convention de Naropa, été 1974


Allen Ginsberg, William Burroughs, Philip Whalen à Boulder dans le Colorado.

De retour à New York, Burroughs commença à recevoir davantage d’invitations à des lectures et ses voyages en Amérique l’exposèrent à plusieurs nouvelles scènes : par exemple, il mit le pied à San Francisco pour la première fois en 1974. Il fut accueilli partout par un public enthousiaste et une nouvelle génération de lecteurs impatient de rencontrer « El hombre Invisible. » Il jouit à New York d’une vie sociale considérable, entouré d’un important cercle d’anciens et de nouveaux amis. Il passa l’hiver à New York, à essayer de travailler sur son roman, luttant contre la panne de l’écrivain.

Imprimer cette page | mise à jour : 16 mars 2010