William S. Burroughs

William S. Burroughs
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1981 : Cites de la Nuit Ecarlate

Burroughs se rendit à Santa Fe pour le festival D.H. Lawrence en Juillet 1980, il acheva au mois d’août l’édition du manuscrit de Cités à Boulder et rendit son appartement de Varsity Manor. Au cours des dernières sessions d’édition, Burroughs décida de titrer chacun des petits chapitres qui divisaient le livre avec des expressions que le Dr. Konstantin Raudivé, le parapsychologue Ukrainien, avait retranscrites depuis ses « bandes silencieuses », des enregistrements de « voix » au-dessous du seuil sonore. Comme les derniers mots de Dutch Schultz, ces expressions sont évocatrices et n’ont pas de signification explicite. Burroughs travaillait sur Cités de la Nuit Ecarlate depuis six ans, bien plus longtemps que pour n’importe quel autre roman depuis Le Festin Nu, et ce fut son premier long livre depuis Les Garçons Sauvages, publié une décennie plus tôt. À l’époque où il finit Cités, Burroughs avait déjà entamé Parage des Voies Mortes, il voulait écrire une grande trilogie de romans.

A Denver, la santé de Billy Burroughs jrs. continua de se détériorer. En Novembre, une amie d’école décida de retrouver sa trace. Elle voulait revoir Billy et lui envoya un ticket pour Palm Beach à Noël. Elle n’avait pas du tout pressenti l’apparence désespérément maladive de Billy à son arrivée ; elle lui trouva un appartement dont elle paya le loyer.

En février, Billy décida de monter à Orlando pour voir George von Hilsheimer, l’ancien directeur de l’école privé qu’il avait fréquentée en Floride. Lui et Hilsheimer se querellèrent et Billy partit en courant en pleine nuit sous la pluie. Il fut retrouvé inconscient dans un fossé de drainage, repêché par les adjoints du chérif, et admis au West Volusia Memorial Hospital, près de De Land. À sa sortie, un aimable travailleur social trouva une chambre abordable à Billy. Dix jours plus tard, sa concierge appela une ambulance qui l’emporta au West Volusia. Billy mourut à 6:35 du matin le 3 Mars 1981. Le coroner ne trouva aucune trace de prednisone dans son sang, ce qui indiquait que Billy avait délibérément arrêté de prendre ses médicaments censés supprimer l’effet de rejet. Ces derniers écrits inachevés révélèrent qu’il était suicidaire depuis quelque temps.

Au Bunker, la nouvelle dévasta Burroughs. Mais avec Cités de la Nuit Ecarlate sur le point d’être publié par Holt, Rinehart and Winston au printemps, Burroughs s’apprêtait à faire deux ambitieuses tournées de lecture à travers le pays avec John Giorno pour promouvoir son nouveau roman. Quelques mois plus tôt, Burroughs finit par s’inscrire à un programme de maintenance à la méthadone à New York ; ce qui lui permit de voyager sans avoir à contacter l’univers souterrain des trafiquants de drogue de chaque ville où il se rendait.

Après deux semaines solitaires passées au Bunker, teintées de chagrin, Burroughs reprit la route une fois encore, en jouant devant un public punk rock à travers le Midwest. Il se rendit à Lawrence, dans le Kansas en juillet et passa le mois dans un studio en haut de la colline près du campus de l’Université du Kansas. Il y eut une tornade ce mois-ci à Lawrence, et de son balcon Burroughs put tout voir. Il retranscrit quelques-unes de ces impressions dans Parage des Voies Mortes, sur lequel il travaillait désormais à plein temps.

Burroughs revint de la seconde moitié de la tournée promotionnelle de « Cités de la nuit Ecarlate » en Automne et trouva le statut du Bunker en péril : les immeubles du 222 Bowery étaient en proie à une crise du loyer. Burroughs décida de déménager dans le Kansas avant la nouvelle année. Son dernier événement à New York fut en fait sa plus grande exposition publique : il apparut au Saturday Night Live de NBC, et lu « Aux dernières Lueurs de l’Aube »—la routine qu’il avait écrite avec Kells Elvins en 1938. Devant des millions de téléspectateurs, Burroughs leva les yeux de ses pages et regarda la caméra de face, il lut : « Le S.S. America... aux bords des côtes de Jersey... il n’y a aucune raison de s’alarmer... il y a un petit problème dans la chaufferie, mais nous contrôlons la [effets sonores d’une explosion nucléaire]. »

Imprimer cette page | mise à jour : 8 mars 2011