William S. Burroughs

William S. Burroughs
http://theo.underwires.net/
Harrison Narcotics Act

Projet : surpris, fortuit, marchant le long de la 2e Avenue à NYC. Deux types noirs passent, ils parlent. L’un, vêtu d’un sweat-shirt blanc, dit : « Les conseillers et toute cette merde. »
Ils parlent à l’évidence du programme de Méthadone. [...]
« Très dangereux. »
William Bennett, décédé - Je l’espère, certainement vieux - Tzar de la Drogue sous Reagan et Bush. Il ajoute : « Nous devons cibler l’utilisateur fortuit. »
« C’est lequel cette fois, Holmes ? Cocaïne ou morphine ? »
« Les deux, Watson, un speedball. »
Les utilisateurs fortuits qui ont des emplois et dirigent leurs vies avec succès (comme moi) envoient un message, la preuve que les gens peuvent utiliser des drogues illégales et toujours fonctionner de façon adéquate.
« Très dangereux. »
Dangereux pour qui exactement, M. Bennett ? Très dangereux pour les menteurs tels que Bennett et Anslinger et l’amas de monstre malintentionné et complètement diabolique né du Harrison Narcotics Act. Une vaste hiérarchie de diables, des agents de la brigade des stup dans la rue fourrant leurs pifs partout aux gosses qui livrent leurs parents à la police.
« La lutte contre la Drogue aura fait de nous une nation unie. »
Bush ou Reagan - choisissez.
Une nation de quoi ? de mouchards ? de dénonciateurs ?
J’aime le mot russe pour « dénonciateur » : stukach. Un mot à cracher.
Nos ancêtres-pionniers en vomiraient dans leurs tombes.
« Très dangereux. »
Qu’est-ce que ce trou du cul de Bennett qui fume deux paquets de cancer par jour essaie de dire au juste ? Pour être un bon Américain vous devez être un foutu menteur ? Les gens camés vivent jusqu’à un âge mûr et productif. Tenez Herbert Huncke, 81 ans ; De Quincy, 74 ; George Crabble, un poète anglais, 78 ; et votre noble serviteur, [82 ans] et toujours en « état de fonctionner ».
Un physicien du début du siècle qui traita un certain nombre de personnes adonnées à la morphine a déclaré : « La santé générale du morphinomane est excellente. »
« Très dangereux. »
Nixon a dit que Tim Leary, un vieil ami à moi, était « l’homme le plus dangereux d’Amérique. » Dangereux pour qui exactement ? Pour un projet d’état policier international prenant comme excuse la lutte totale contre la drogue.
Un peu tard pour forcer les barricades et lancer les pavés. Il y a deux cent ans peut-être - on arrêtait déjà les « dealers » dans les autres pays. (Imaginez qu’un agent des stup bien gras ait traîné Reagan en dehors de la Maison-Blanche pour fautes non-révélées ?)
Et une vieille tante est traînée devant la court hollandaise pour « incidents mineurs » aux Philippines.
« Très dangereux. »
Pour les tantes qui s’engraissent aux dépens des Maures au Maroc et partout ailleurs.
« Ce parasitisme international est une très mauvaise chose. »
Le Dr. John Yerbury Dent était l’un des hommes les moins paranoïaques qui fût, et il était très chaleureux et de bonne volonté, ce que les Anglais ont de mieux à offrir.
Il a déclaré : « Je pense que ce que font les gens des narcotiques en Amérique est mauvais. »
Il ne voulait pas utiliser le mot : Diabolique. Je le fais. Diabolique pour tout ce que l’homo sapiens a pu créer ou espéré créer. Je veux dire Diabolique, Diabolique, Diabolique - mis en œuvre par des individus sadiques, diaboliques et corrompus.