William S. Burroughs

William S. Burroughs
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Les Beats Hotels

Lieu : Au 9 de la rue Git-le-Cœur, dans le 6ème
arrondissement de Paris (France), entre la rue Saint André des
Arts et le Quai Augustins.

L’histoire : En 1933, M. et Mme Rachou, un couple
de provinciaux, arrivent de Giverny, près de Rouen, et deviennent
gérants de l’hôtel. Ils accueillent les artistes,
les autorisent à vivre comme ils veulent., et à payer
leur loyer avec leurs œuvres d’art. Mme Rachou gère
le bistrot au rez-de-chaussée et la réception de l’hôtel.
L’hôtel n’a pas de nom. Il deviendra bientôt
de manière officieuse le Beat Hotel. Les chambres et
les couloirs sont remplis de rats et de souris, tout est sale. Il y
a 42 chambres, des toilettes turques à chaque étage et
de l’eau chaude seulement les Jeudi, Vendredi et Samedi. Le café
coûte 40 centimes et n’est pas inclus dans le loyer. En
Septembre 1957, M. Rachou meurt dans un accident de voiture à
Saint Germain en Laye. Madame Rachou reprend toute seule la direction
de l’hôtel.


L’hôtel sans nom de Mme Rachou


L’arrivée des Beats  : Le 15 Octobre 1957,
Allen Ginsberg, Peter Orlovsky et Gregory Corso arrivent à l’hôtel.
Ginsberg y écrit Kaddish, la biographie de sa mère.


Gregory Corso au Beat Hotel



William S. Burroughs : Le 16 Janvier 1958, William
Burroughs arrive en avion de Tanger. « Ça avait l’air
très agréable. J’adore le carrelage rouge, c’était
tout simplement un endroit très agréable, vieux vieux
vieux. Et Madame Rachou était très sympathique.
 »
À Paris, il rencontre Tristan Tzara, Marcel Duchamp, Louis-Ferdinand
Céline. En Septembre, Burroughs croise le peintre Brion Gysin
place St. Michel. Il l’avait rencontré à Tanger
auparavant. Ils se lient d’amitié. Brion reprend la chambre
de Ginsberg, retourné à New York.

     Le Beat Hotel se situait au 9, rue Gît-le-Cœur, juste derrière la Place Saint-Michel dans le quartier Latin. Pour beaucoup de jeunes à Paris, c’était plus qu’une maison. C’est là qu’est née la scène Beat à Paris. Un peintre Hollandais l’a montré à Allen Ginsberg en 1956, c’est ce qu’on ma dit. Je n’y suis allé qu’en 1958, quand je suis tombé sur Burroughs dans la rue, et qu’il m’a dit qu’il habitait dans la Chambre 15.
     L’hôtel était dirigé par Madame Rachou, une femme française fabuleuse, elle aurait pu devenir riche et célèbre s’il elle avait gardé quelques-uns des manuscrits écrits sous son toit, ou rassemblé quelques tableaux peints dans son hôtel.

    Brion Gysin, 1972

William Burroughs et Brion Gyson devant le Beat Hotel.



Le Festin Nu : Burroughs arrange son livre, Le Festin
Nu
, qu’il a écrit à Tanger. Il le publie en Juillet
1959, chez Olympia Press, un éditeur américain basé
à Paris. En Septembre 1959, il rencontre Ian Sommerville à
la librairie Shakespeare & Company, la plus grande histoire
d’amour de sa vie.

Le Cut-Up : Début de la période la plus
expérimentale de la vie de William Burroughs. Brion Gysin découvre
la technique du cut-up, qu’il montre à Burroughs le 1er Octobre.
(Voir essai sur la technique dans la partie textes/entretiens.)
Burroughs, Gysin, Sommerville et Anthony Balch, un cinéaste, se
lancent dans diverses expérimentations liées au cut-up.
Résultat : Les livres La Machine Molle, Le Ticket
qui Explosa, Minutes To Go
, le film Towers Open Fire, (disponible
ici)
le disque Break Through in Grey Room, et la Dream Machine,
un stroboscope hallucinogène.


La Dream Machine de Ian Sommerville et Brion Gysin dans une chambre du Beat Hotel.



Fermeture : Fin 1962, Madame Rachou annonce a ses clients
qu’elle vend l’hôtel. William S. Burroughs s’en
va. Il a habité dans les chambres 15, 18, 29, 30, 31 et 32. Les
nouveaux propriétaires l’appelleront le Relais-Hôtel
du Vieux Paris, ils en feront un hôtel de luxe. Madame Rachou, et
son chat Mirtaud s’en vont au Printemps 1963.

    Il y avait un chat gris au Beat Hotel. Il était à Madame. Quand elle pris sa retraite, elle a déménagé et s’est installée de l’autre côté de la rue. Elle semblait si triste là, comme le sont les gens qui partent en retraite. Elle avait des géraniums, un vieux menton gris et un vieux chat gris, et elle s’est effacée dans un fondu…
    William S. Burroughs

Une chambre actuelle du Relais-Hôtel du Vieux Paris



En 1982, Brion Gysin écrivit un roman intitulé Bardo
Hotel
 :

    Ça s’appelle Bardo Hotel. Le Beat Museum Bardo Hotel, quelque chose du genre. L’idée est que mon héros meurt et trouve le vieux Beat Hotel, parce qu’il s’intéresse beaucoup aux Beats et il essaye d’acheter cet endroit et de l’emmener dans ce musée en Californie. C’est là qu’il se voit mort. C’est devenu une sorte de Bardo Tibétain pour lui : sept étages, sept chambres à chaque étage, et il doit passer par tous les étages de l’hôtel.
    Brion Gysin, 1982


Le Beat Hotel de Californie
 : L’idée de Bardo
Hotel
inspira un jeune admirateur de William S. Burroughs à
faire exactement ça. Steven Lowe, à la recherche de l’auteur,
le croisa par hasard dans les rues de New York dans les années
70. Ils devinrent amis. Burroughs lui demanda de l’aider dans ses
recherches sur les pirates pour son livre Cités de la Nuit
Ecarlate
. Il devint le curateur de ses œuvres artistiques. En
Avril 2003, il réalisa la vision de Brion Gysin et ouvrit un musée-hôtel
dédié au Beat Hotel à Desert Hot Springs
en Californie.


Le Beat Hotel à Desert Hot Springs



Le Principe  : Les huit chambres sont des restaurations
de l’ancien Beat Hotel de 1957. Elles sont décorées
de peintures et de photos prises par Burroughs. Chaque chambre est équipée
d’une machine à écrire. Les meubles datent de la période
Beat. Tous les clients ont accès à la bibliothèque
où ils peuvent consulter les livres d’époque des écrivains
de la Beat Generation, dont Jack Kerouac, même s’il
n’a jamais mis un pied dans l’ancien Beat Hotel de
la rue Gît-le-Cœur.


Un client lit la version restaurée du Festin Nu.


Une pièce avec une peinture de William S. Burroughs.


La chamber 6, avec des peintures de William S. Burroughs au mur.


Une autre chambre, une autre toile.



La vue est imprenable : la Vallée de Coachella,
des palmiers, le désert, des montagnes.
Pour plus d’informations, voir le site Internet : www.dhsbeathotel.com.

Imprimer cette page | mise à jour : 22 novembre 2007